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Édito

LA FOI DE MARTHE

« Je suis plus Marthe que Marie ». Combien de fois ai-je entendu cette réflexion qui fait référence à l’évangile de Luc au chapitre 10, versets 38 à 42 ? On visualise bien la scène : Jésus parle, Marie, Marie-Madeleine, la pécheresse convertie selon la tradition occidentale, écoute et Marthe, en bonne maîtresse de maison, s’emploie aux tâches matérielles sans lesquelles l’hôte ne serait pas dignement accueilli. Jésus dit que Marie a choisi la meilleure part. Ce n’est pas un verdict qui condamne Marthe mais plutôt une porte qui s’ouvre sur la voie de la conversion.

Dans l’évangile de Jean en ce cinquième dimanche de Carême, nous retrouvons les deux sœurs qui sont en deuil de leur frère Lazare. Entre-temps, sur les paroles de Jésus, Marthe a emprunté le chemin spirituel qui lui fait exprimer sa foi en celui qu’elle reconnaît comme le Messie de Dieu. Avant que Lazare sorte du tombeau, elle voit en Jésus le maître de la vie qui tient son pouvoir de Dieu Père.

Les rites funéraires ont été respectés : le corps est entouré de bandelettes, la pierre a été roulée, le tombeau est fermé. La famille en deuil est entourée de proches venus la soutenir. Cette scène nous est familière, elle est une partie de notre humanité.

Combien de tombeaux fermés pèsent dans nos vies ? Des disparitions d’êtres chers, des espoirs déçus, des regrets, des remords qui taraudent notre existence, des blessures qui ne se referment pas, des situations bloquées qui emprisonnent, des jugements définitifs qui obscurcissent le discernement ? Marthe croit à l’impossible et cette foi repose essentiellement sur Jésus, sur sa parole, sur son identité de Fils de Dieu. Par sa hardiesse, Marthe permet à la lumière de percer les ténèbres de sa peine. Le miracle arrive par Jésus qui délivre Lazare du tombeau. « Déliez-le et laissez- le aller » est un formidable défi lancé à l’entendement et à la désespérance.

A l’exemple de Marthe, accueillons le Christ dans nos vies avec foi et audace.

A partir du XIIe siècle, l’Eglise voit en sainte Marthe la figure d’une femme disciple du Christ qui annonce la résurrection et accueille les plus pauvres dans sa demeure. Elle est la patronne des maîtresses de maisons et des hôteliers. Cette fois-ci, Marthe a

choisi la meilleure part, celle où Jésus peut déployer sa force qui rend la vie à ce qui était mort et qui libère ce qui était retenu captif. Il n’y a pas de tels miracles dans nos vies mais la présence fidèle de Jésus qui nous pardonne et nous libère de ce qui nous empêche de croire à la puissance de son amour.

La prière et le service sont les deux poumons de la foi qui se nourrit du souffle de Dieu.

Que le Seigneur nous accorde la grâce d’être à la fois Marthe et Marie, des disciples qui accueillent la conversion à Jésus avec leur cœur et avec leurs mains.

Père Marc Piallat

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éVANGILE DU JOUR

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. »
Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.”
Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,
alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde.
Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
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