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Édito

FESTIN PERPÉTUEL À SAINT-CLOUD !

Dans l’évangile de ce dimanche, ce n’est pas le refus des invités qui surprend, ce sont leurs motifs. Ils ne haïssent pas le roi. Simplement, l’un a son champ, l’autre son commerce. Rien de mal en soi, sinon que cela leur plaît davantage. Jeudi, nous fêterons sainte Thérèse d’Avila, maîtresse d’oraison, et vendredi sainte Marguerite- Marie Alacoque, dont la dévotion au Cœur de Jésus est une source de l’adoration perpétuelle. Or faire oraison devant le Saint-Sacrement, c’est répondre à l’invitation : se rendre au festin de noces du Roi.

Quel paradoxe : Dieu, qui est tout, nous attire moins que des créatures qui n’en sont qu’une parcelle. Sa simplicité nous semble aride, pour ne pas dire pauvre. L’hostie la met sous nos yeux : un disque de pain, sans éclat, sans relief. Il n’y a rien à voir. Et pourtant, TOUT est là !

Saint Grégoire le Grand nous explique ce paradoxe. Il observe que ce qui plaît à la chair (argent, sensualité, pouvoir) et ce qui plaît à l’âme (Dieu) n’obéissent pas à la même loi. Nous désirons avec force les satisfactions de la chair tant que nous en sommes privés, mais dès que nous les possédons, elles nous lassent et nous dégoûtent : le désir plaît, la possession déçoit. Dieu en revanche nous laisse indifférents tant que nous ne le connaissons pas, mais dès que nous le goûtons, il éveille le désir, et plus nous le goûtons, plus nous le désirons : le désir est faible au départ, mais la possession enflamme.

Voilà peut-être pourquoi Dieu peut sembler si peu attirant : c’est qu’on n’y a pas assez goûté ! Faute de le désirer, nous en restons à nos affections humaines. Bien souvent, nous ressemblons à Littré, revenu vers la foi sur son lit de mort, qui avouait à l’abbé Huvelin que, plutôt que de souhaiter voir Dieu, il espérait surtout revoir sa mère. Combien de personnes comme lui sont plus attachées à leurs affections humaines, terrestres, plutôt qu’à la rencontre avec Dieu ?

Je lis en ce moment le premier livre de mon neveu, La vie du monde à venir. Il y explique que les élus sont entièrement comblés par la vision de Dieu, rien ne leur manque. Le seul intérêt pour eux aux relations avec les autres créatures, réside dans le fait qu’elles sont médiation vers Dieu.
L’adoration est l’école de ce goût. On y vient parfois sans rien ressentir, mais celui qui persévère découvre ce que saint Grégoire annonçait : le désir naît de la rencontre elle- même. Le Cœur de Jésus, que sainte Marguerite-Marie a contemplé, est ce festin de noces divines qui nous attend. Plus on le goûte, plus on en a soif. Nos relations avec les créatures peuvent nous éloigner de Dieu comme dans la parabole, elles peuvent aussi s’ordonner à Dieu, ici-bas et au ciel, mais rien ne remplace cette communication silencieuse de Dieu à l’âme la rendant aimante.

Père Thibaud Guespereau

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éVANGILE DU JOUR

En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués.
Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.
Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde,
depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération.
Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »
Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ;
ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
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