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Édito

VENDREDIS VÉGÉS

Chez les orthodoxes, vous le savez peut-être, il y a de nombreux jours dans l’année, variables suivant les patriarcats, où les fidèles doivent s’abstenir de viande. En Occident, au cours du XX e siècle, cette pratique a beaucoup diminué, sans doute parce qu’on en avait perdu le sens ?

Dans son fameux best-seller culinaire Je sais cuisiner (1965), Ginette Mathiot écrit, à propos du vanneau et du pluvier, que ce sont des oiseaux « qui ont une chair également délicate, et d’un goût très fin » « une chair tendre et grasse à l’automne ». Et pourtant : « Ce gibier est, en raison de sa vie le long des rivières, toléré les jours maigres ». Elle ne précise pas la référence dans le droit canon ! Voilà à quoi est réduite l’abstinence de viande : une sorte de pensum qu’on cherche à éviter par tous les moyens !

Aujourd’hui, l’explication la plus répandue est que la viande coûtait cher autrefois, le poisson moins cher, et donc ce qui était demandé, c’était une solidarité avec les pauvres.

Que dit le droit ?

Le code de 1983, actuellement en vigueur, indique : « L’abstinence de viande ou d’une autre nourriture, selon les dispositions de la conférence des Évêques, sera observée chaque vendredi de l’année. » c. 1251
Que disent les évêques de France ? « Les catholiques doivent traduire en actes, d’une manière habituelle, leur volonté de se conformer à Jésus-Christ, notre Sauveur, d’approfondir la conversion baptismale, de rejoindre tous ceux qui, près de nous et à travers le monde, sont dans la souffrance ou le besoin.

1. Tous les vendredis de l’année, en souvenir de la Passion du Christ, ils doivent manifester cet esprit de pénitence par des actes concrets : soit en s’abstenant de viande, ou d’alcool, ou de tabac… ; soit en s’imposant une pratique plus intense de la prière et du partage.

2. Pendant le temps du Carême :
a) tous les vendredis, ils doivent s’abstenir de viande s’ils le peuvent ;
b) le mercredi des Cendres, jour où commence le Carême, et le Vendredi saint, jour de la mort du Sauveur, ils s’abstiennent de viande, ils jeûnent en se privant substantiellement de nourriture selon leur âge et leurs forces, et réservent un temps notable pour la prière. »
Je n’avais, avant d’écrire cet édito, retenu que l’abstinence de viande des vendredis de Carême, mais je n’avais pas à l’esprit que tous les vendredis de l’année, j’étais tenu à un exercice d’ascèse, par exemple l’abstinence de viande.
Mais reste la question la plus difficile que ni Ginette Mathiot ni le droit canon n’aborde : pourquoi ?
Saint Thomas d’Aquin, dans l’article sur le jeûne de la somme théologique (II-II 147 8), évoque des motifs physiologiques. Il estime que la viande, outre le plaisir qu’elle procure, en appelle d’autres. Sainte Hildegarde de Bingen conseille à ceux qui ont du mal à gérer leur libido d’éviter la viande rouge. Saint Benoît, dans sa règle, demande à ses moines de s’abstenir totalement de la viande des quadrupèdes, sauf s’ils sont très malades.
Les vendredis de Carême il faudra se contenter du McFish chez Mc Donald !

Père Thibaud Guespereau

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éVANGILE DU JOUR

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
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