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Édito

UN SIXIÈME SENS

La semaine dernière, nous avons commémoré tous nos défunts. C’était l’occasion, pour beaucoup d’entre nous, de nous rendre sur leurs tombes, de faire célébrer des messes à leur intention, de refleurir leur lieu de repos, de garder vivante leur mémoire. Il n’est pas rare que ces démarches provoquent de fortes émotions ; elles nous rappellent en effet combien nos défunts nous manquent, combien leur absence nous est éprouvante. Et des questions vieilles comme le monde ressurgissent : où sont-ils aujourd’hui ? Que font-ils en ce moment ? Nous entendent-ils quand nous leur parlons ? Les reverrons-nous un jour ? Autant de questions que nous allons creuser tout au long de notre année pastorale sur la Vie Éternelle, et, en particulier, pendant notre série de trois conférences de l’Avent qui commence le mardi 24 novembre prochain.

Sans une expérience directe de l’au-delà, nous avons bien du mal à nous le représenter. Enfermés dans nos concepts trop terrestres, nous imaginons difficilement un état ou un « lieu » qui ne soit pas matériel ni temporel. Nous savons juste que le Paradis ne se trouve pas ici, sur Terre. Alors, forcément, il est ailleurs ; et, cet ailleurs, concluons-nous, est loin d’ici. Ainsi, nous ressentons une distance qui se creuse avec nos défunts, comme entre deux mondes distincts. Pourtant, Jésus n’a jamais dit, en parlant du Ciel, qu’Il est « loin ». Bien au contraire : Il a promis d’être toujours « avec nous jusqu’à la fin des temps » et d’être présent « là où deux ou trois sont réunis en mon nom ». Il nous révèle ainsi que ces deux mondes – céleste et terrestre, spirituel et matériel – ne sont pas éloignés l’un de l’autre, mais qu’ils font partie d’une même et unique réalité. Nous ne devrions donc pas parler d’une « distance » entre Dieu et nous, ou entre nous et nos défunts, mais plutôt d’un « voile infime » qui nous sépare. Ce voile demeure, malheureusement, imperméable à nos cinq sens ; nous ne pouvons voir ou entendre ce qui se passe de l’autre côté avec nos yeux ou avec nos oreilles. Pour ressentir leur présence, nous avons besoin d’un autre moyen, d’un sixième sens : la foi. 

Seule la foi est capable de transpercer ce voile et d’établir une vraie communion avec eux. Elle n’est pas un sentiment ou une pensée pieuse. Elle est plutôt un don, une vertu, une grâce à travailler. Elle nous laisse deviner les réalités spirituelles que ceux qui sont passés de l’autre côté connaissent pleinement. 

Demandons donc à Dieu de nous aider à mieux saisir ce grand mystère en augmentant notre foi. Une belle occasion pour l’approfondir et l’ancrer sur des principes solides et lumineux sera notre retraite paroissiale à Montligeon au mois de mai prochain. Je suis sûr que la relecture de l’année pastorale qui nous y sera proposée renforcera notre communion avec Dieu et avec nos défunts. Ainsi, chacun saura affronter sa propre mort (et celle de nos proches, encore vivants ou déjà morts) avec plus de paix et de sérénité. Et cela n’a pas de prix !

Père Richard Greenslade, curé

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éVANGILE DU JOUR

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.”
Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.”
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?”
Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.”
Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.”
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
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